Ancien candidat à la présidentielle, opposante politique : qui sont les premiers prisonniers libérés par le Venezuela ?

Jan 9, 2026 - 07:05
Ancien candidat à la présidentielle, opposante politique : qui sont les premiers prisonniers libérés par le Venezuela ?

L’ancien candidat à la présidentielle au Venezuela Enrique Marquez fait partie des premiers prisonniers politiques relâchés dans le cadre des libérations annoncées par les autorités, selon une vidéo d’un journaliste local jeudi. « Tout est fini », a dit Enrique Marquez auprès de son épouse dans cette vidéo tournée dans un quartier de Caracas où il a été conduit par des policiers en compagnie de Biagio Pilieri, un collaborateur de la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la Paix María Corina Machado.

Ces libérations surviennent moins d’une semaine après la capture le 3 janvier par les États-Unis de Nicolás Maduro au terme d’une opération militaire inédite sur le territoire vénézuélien. Enrique Marquez, 62 ans, avait été arrêté en janvier 2025.

Il s’était formellement inscrit à la présidentielle de juillet 2024 afin de pouvoir être le représentant principal de l’opposition en cas de rejet par le pouvoir de la candidature d’Edmundo Gonzalez Urrutia, qui avait lui-même remplacé au pied levé María Corina Machado, déclarée inéligible. Urrutia avait finalement pu se maintenir face à Maduro et Marquez n’avait pas défendu sa propre candidature.

Avant son arrestation, il avait mené une croisade judiciaire contre la réélection de Maduro, acquise selon l’opposition et une partie de la communauté internationale dans des conditions entachées de fraude. Quelque 2 400 personnes avaient été arrêtées et 28 tuées lors de la répression des troubles post-électoraux. L’avocate de premier plan Rocio San Miguel, arrêtée en février 2024, a elle aussi été libérée jeudi.

Cinq Espagnols de retour à Madrid

Parmi les autres libérés figurent notamment cinq Espagnols, qui ont immédiatement décollé pour Madrid a annoncé le gouvernement. Parmi eux : l’avocate et militante vénézuélienne Rocio San Miguel, qui possède aussi la nationalité espagnole. Elle avait été arrêtée en février 2024, et son procès plusieurs fois reporté. Elle « va bien », a affirmé son avocate à l’AFP Theresly Malave.

Dans la soirée, la cheffe de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado avait salué ces libérations. « Aujourd’hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin », a dit la lauréate du prix Nobel de la Paix 2025. Ces libérations sont « un geste unilatéral du gouvernement » afin « de favoriser la coexistence pacifique », a fait valoir Jorge Rodriguez, président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, avait auparavant salué « un acte de justice ». Les présidents du Brésil et de Colombie, Luiz Inacio Lula da Silva et Gustavo Petro, ont aussi salué ces libérations, tout en réitérant leur « grande préoccupation » après l’usage de la force au Venezuela ».

L’ONG Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires. Certains parmi eux ont été écroués à l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements. C’est devant cette prison que jeudi, devant un cordon policier, des proches de détenus se sont rassemblés en quête d’informations.

« Je suis nerveuse. Dieu fasse que cela soit vrai », lâche notamment la mère du militant politique Juan José Freites, coordinateur de Vente Venezuela, le parti de la leader de l’opposition María Corina Machado. Atali Cabrejo raconte que son fils a été « enlevé » chez lui il y a deux ans.

Tomas Kauer - News Moderator https://www.tomaskauer.com/