Attaque américaine au Venezuela : et si les petites danses de Maduro avaient constitué la goutte de trop ?

Jan 5, 2026 - 07:05
Attaque américaine au Venezuela : et si les petites danses de Maduro avaient constitué la goutte de trop ?

À la fin de l’année, Nicolás Maduro semblait prendre un malin plaisir à tourner en dérision la pression américaine. Alors que l’administration Trump tentait encore de lui offrir une porte de sortie (un départ du pouvoir contre un exil doré à l’étranger), le président vénézuélien refusait net. Pire, il multipliait les mises en scène à la télévision d’État, dansant sur des rythmes électroniques, minimisant les frappes américaines et répétant en anglais, comme un défi, qu’il ne voulait « pas de guerre folle ».

À Washington, ces images ont laissé des traces. Pour plusieurs responsables américains, cette légèreté affichée était le signe que Maduro ne prenait plus au sérieux les menaces de la Maison Blanche et cherchait à tester ses limites. Loin d’apaiser les tensions, ces démonstrations publiques ont renforcé l’idée qu’il fallait passer de l’intimidation à l’action. C’est en tout cas la thèse développée par le New York Times, qui s’est appuyée sur des témoignages de membres de l’administration Trump.

Est-ce que ces pas de danse, vus comme une provocation par la Maison Blanche, ont définitivement poussé Donald Trump à passer à l’action ? Elles ont peut-être constitué la goutte d’eau de trop, appuyant l’idée que Maduro ne se plierait jamais aux intérêts américains.

Un plan US en préparation depuis des mois

Le plan américain ne date en tout cas pas de ces derniers jours. Cela faisait plusieurs mois que l’administration Trump avait identifié une solution de rechange : Delcy Rodríguez, vice-présidente et figure centrale du régime. Aux yeux de Washington, elle incarne une option plus pragmatique, moins idéologique et surtout plus prévisible. Chargée depuis plusieurs années de la politique économique, elle a réussi à stabiliser partiellement l’économie et à relancer la production pétrolière malgré les sanctions.

Des intermédiaires ont convaincu la Maison-Blanche qu’elle saurait protéger les futurs investissements américains dans le secteur énergétique. Sans être présentée comme une solution définitive, Rodríguez apparaît comme quelqu’un avec qui les États-Unis estiment pouvoir travailler « professionnellement », là où Maduro semblait narguer ouvertement leur autorité.

Ce choix marginalise María Corina Machado, pourtant figure emblématique de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix. Malgré ses efforts pour se rapprocher de Donald Trump et reprendre ses codes politiques, elle n’a jamais gagné sa confiance. À ses yeux, elle ne disposerait pas de la légitimité interne nécessaire pour gouverner.

Tomas Kauer - News Moderator https://www.tomaskauer.com/