Colombie, Venezuela, Mexique : dans quel pays Donald Trump s’apprête-t-il à ordonner « des frappes au sol » ?

Jan 9, 2026 - 07:05
Colombie, Venezuela, Mexique : dans quel pays Donald Trump s’apprête-t-il à ordonner « des frappes au sol » ?

Donald Trump a annoncé jeudi qu’après des frappes contre des embarcations maritimes dans les Caraïbes et le Pacifique, les États-Unis allaient mener des frappes « au sol » contre les cartels, sans préciser exactement où. « Nous allons commencer des frappes au sol en ce qui concerne les cartels. Les cartels dirigent le Mexique. C’est très, très triste de voir et regarder ce qui est arrivé dans ce pays », a dit le président américain dans une interview sur la chaîne Fox News.

Mais les déclarations de Donald Trump, qui doivent toujours être prises avec des pincettes, ne révèlent certainement pas les vraies raisons de ces possibles attaques. Pendant plusieurs mois, il avait soutenu viser les embarcations venant du Venezuela car elles étaient suspectées de transporter de la drogue, alors qu’il apparaît désormais clair que le véritable objet de ces frappes en mer était la déstabilisation du régime Maduro.

Parallèlement, on a appris que le président colombien Gustavo Petro et Donald Trump « se sont engagés à mener des actions conjointes » contre la guérilla ELN qui opère à la frontière avec le Venezuela. L’annonce est venue du ministre de l’Intérieur colombien, Armando Benedetti.

Après une escalade des tensions à la suite des bombardements américains à Caracas le 3 janvier, la capture de Nicolás Maduro et des menaces d’actions militaires en Colombie, Gustavo Petro et Donald Trump ont eu mercredi soir un entretien téléphonique, le premier entre les deux dirigeants depuis le retour du Républicain à la Maison Blanche en janvier 2025.

Petro invité par Trump à la Maison Blanche

Lors de cet entretien, le dirigeant de gauche colombien a accepté une invitation du président Trump à se rendre à Washington et lui a demandé « d’aider à frapper durement l’ELN à la frontière » avec le Venezuela, a assuré M. Benedetti dans un entretien à Blu Radio. Selon lui, les guérilleros « terminaient toujours au Venezuela » après des combats avec les forces de l’ordre colombiennes et il est nécessaire qu’ils « soient également attaqués à l’arrière quand ils sont attaqués ici ».

La Colombie et le Venezuela partagent une frontière poreuse de plus de 2 200 kilomètres où différents groupes armés se disputent les revenus du narcotrafic, de l’exploitation minière illégale et de la contrebande. Gustavo Petro a tenté sans succès après son arrivée au pouvoir en 2022 de négocier la paix ces différents groupes armés, dont l’ELN avec laquelle les pourparlers sont suspendus depuis 2024.

Dans la soirée, le guérillero le plus recherché de Colombie, connu sous le nom d’Iván Mordisco, a affirmé avoir convoqué « d’urgence » un sommet « des commandants insurgés de Colombie et de toute notre Amérique ».

« Nous savons qu’il existe des différences héritées du passé qui existent encore parmi nous, mais aujourd’hui nous sommes confrontés à un ennemi commun », a déclaré dans une vidéo envoyée à la presse ce chef de l’EMC, un groupe rebelle qui a rejeté l’accord de paix de 2016 entre les guérilleros des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et le gouvernement.

Les producteurs de cocaïne « attaqués » ?

Après des mois de tensions, le climat entre la Colombie et les États-Unis est à « l’apaisement » et à la « sérénité », a déclaré jeudi à l’AFP le vice-ministre des Affaires étrangères, Mauricio Jaramillo. Le principal « défi », a-t-il poursuivi, est de « maintenir un bon dialogue » pour faire « table rase du passé ».

Encore récemment, Donald Trump avait averti que des pays producteurs de cocaïne en Amérique latine étaient « susceptibles d’être attaqués », mentionnant la Colombie qui « fabrique de la cocaïne » et « nous la vend ». Jaramillo a en outre estimé que la « position » de la Colombie envers le Venezuela « n’a pas changé » après la chute du président déchu Maduro.

Dans la foulée, la présidence colombienne a indiqué dans un communiqué que Gustavo Petro recevrait la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, « afin de contribuer à une issue à la crise politique au Venezuela », sans préciser de date de rencontre. Le président colombien avait assuré mercredi qu’il s’était entretenu avec Delcy Rodriguez, proposant un dialogue « mondial » pour la stabilisation du Venezuela post-Maduro.

Guérilla d’extrême gauche apparue en 1964 sous l’inspiration du révolutionnaire argentin Ernesto Che Guevara, l’ELN compte quelque 5 800 membres qui opèrent sur plus de 20 % des plus de 1 100 municipalités de Colombie, selon le centre d’études Insight Crime. C’est la plus grande organisation rebelle d’Amérique.

Tomas Kauer - News Moderator https://www.tomaskauer.com/