Fils de l’ex-Chah, exilé aux États-Unis, proche des droites extrêmes : qui est Reza Pahlavi, figure de la contestation en Iran ?

Jan 12, 2026 - 07:01
Fils de l’ex-Chah, exilé aux États-Unis, proche des droites extrêmes : qui est Reza Pahlavi, figure de la contestation en Iran ?

Il entend incarner à distance la contestation qui s’est emparée des rues iraniennes. Reza Pahlavi est devenu une des principales figures de l’opposition au régime iranien. « Les employés des institutions publiques, ainsi que les membres des forces armées et de sécurité, ont un choix à faire : se tenir aux côtés du peuple et devenir des alliés de la nation, ou bien se rendre complices des meurtriers du peuple, et porter la honte et la condamnation éternelles de la nation », a-t-il ainsi écrit sur son compte X.

Héritier d’une dynastie renversée par la révolution islamique de 1979, Reza Pahlavi vit depuis plus de quarante-cinq ans dans l’ombre d’un trône disparu. Né en 1960 à Téhéran, fils aîné du dernier shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, il n’a que dix-sept ans lorsque sa famille fuit le pays. Quelques mois plus tard, la mort de son père en exil le propulse symboliquement au rang de prétendant, un titre qu’il n’a jamais officiellement revendiqué mais qu’il n’a jamais totalement renié.

Installé aux États-Unis, formé comme pilote de chasse (il suivait un entraînement à la base de Reese, au Texas, lorsque la monarchie s’effondre) Reza Pahlavi choisit progressivement une autre trajectoire : celle d’opposant politique à la République islamique. Depuis les années 1990, il se présente comme un défenseur d’un Iran laïque et démocratique, affirmant ne pas chercher à restaurer la monarchie mais à accompagner une transition décidée par les Iraniens eux-mêmes. « Je ne veux pas gouverner l’Iran, je veux servir le peuple iranien », a-t-il répété à de nombreuses reprises.

Critiqué pour sa proximité avec les droites extrêmes

Sa visibilité internationale s’est nettement accrue après les grandes vagues de contestation en Iran, notamment en 2022 après la mort de Mahsa Amini. Polyglotte, à l’aise dans les médias occidentaux, il apparaît alors comme une figure rassurante pour certains cercles politiques à Washington, à Bruxelles ou à Tel-Aviv. En avril 2023, sa visite très médiatisée en Israël, à l’invitation du gouvernement de Benyamin Netanyahou, marque un tournant. Il s’y affiche aux côtés de responsables israéliens de droite et d’extrême droite, se rend au Mur occidental et appelle publiquement à une normalisation future entre l’Iran et Israël après la chute du régime islamique.

Ces choix lui valent de vives critiques, y compris au sein de la diaspora iranienne. Ses détracteurs l’accusent de rechercher l’appui de forces politiques très droitières, aux États-Unis comme en Europe, et d’entretenir des liens avec des mouvances conservatrices radicales hostiles à l’islam politique mais peu soucieuses des principes démocratiques. Reza Pahlavi a été invité ou soutenu par des figures proches de la droite dure américaine, notamment dans l’entourage de Donald Trump, qui voyait en lui un possible interlocuteur dans une stratégie de pression maximale contre Téhéran. Lui s’en défend, affirmant parler à « tous ceux qui soutiennent la liberté du peuple iranien », quels que soient leurs bords politiques.

Personnage clivant, parfois solitaire, Reza Pahlavi incarne à la fois la nostalgie d’un Iran prérévolutionnaire et les ambiguïtés d’une opposition en exil en quête de soutiens puissants. À 65 ans, il reste une figure centrale mais contestée, plus symbole que chef, dans un paysage iranien où l’avenir se joue encore largement à l’intérieur des frontières du pays.

Tomas Kauer - News Moderator https://www.tomaskauer.com/