L’armée américaine accusée de crime de guerre après avoir maquillé un avion en appareil civil pour frapper des narcotrafiquants

Jan 13, 2026 - 07:05
L’armée américaine accusée de crime de guerre après avoir maquillé un avion en appareil civil pour frapper des narcotrafiquants

L’armée américaine a utilisé un avion maquillé en appareil civil lors de sa première attaque contre un bateau de trafiquants de drogue présumés, qui avait fait onze morts en septembre, a révélé lundi le New York Times. Cette pratique pourrait constituer un crime de guerre, selon le quotidien new-yorkais, le droit international humanitaire interdisant la « perfidie », qui consiste notamment à tromper l’adversaire en feignant d’avoir le statut de civil.

Agissant en dehors de tout cadre légal, l’administration Trump s’est en effet réfugiée derrière une prétendue situation de « guerre » contre le narcotrafic. Cette affirmation, très discutable, n’est pas non plus sans risque pour la Maison Blanche : être en situation oblige à suivre un certain nombre de règles. Quel que soit le parapluie légal sous lequel se soit abrité le pouvoir américain, il semble donc que des manquements aux règles aient eu lieu.

Les États-Unis mènent depuis septembre une campagne de frappes contre des embarcations, présentées par Washington comme appartenant à des trafiquants de drogue, qui ont fait plus de 100 morts dans les Caraïbes et le Pacifique. L’administration de Donald Trump n’a jamais fourni la moindre preuve que les navires visés étaient effectivement impliqués dans un quelconque trafic.

Les munitions cachées dans le fuselage

La première de ces frappes avait été annoncée le 2 septembre par le président américain et avait fait onze morts, selon lui. Citant des responsables au fait du dossier, le New York Times rapporte que cette frappe a été réalisée par un avion déguisé en appareil civil, qui transportait ses munitions à l’intérieur du fuselage et non de manière visible sous les ailes.

Les forces américaines avaient ensuite lancé une seconde salve contre le navire déjà touché, tuant des survivants. Cette double frappe avait été qualifiée par des élus de crime de guerre. L’armée a depuis eu recours à des appareils militaires reconnaissables, dont des drones, pour ces opérations, précise le quotidien new-yorkais.

Tomas Kauer - News Moderator https://www.tomaskauer.com/