Maduro capturé par les États-Unis : comment une taupe de la CIA s’est infiltrée au cœur du gouvernement vénézuélien
En pleine nuit ce samedi, les frappes nocturnes embrasent le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil. L’opération « Absolute Resolve » est lancée. En quelques heures, les forces spéciales américaines achèvent l’attaque historique qui aboutit à la capture du président Nicolás Maduro.
L’offensive fulgurante était en réalité préparée depuis « plusieurs mois », selon le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, par l’armée américaine et les agences de renseignement. D’après des sources interrogées par Reuters et le New York Times, la CIA avait déployé sur place, dès le mois d’août, une petite équipe fournissant des informations sur le mode de vie de Maduro, ce qui a permis de l’arrêter sans difficulté.
Ces agents communiquaient des informations « extraordinaires », selon le Wall Street Journal. En plus de ces sources humaines, l’agence d’espionnage américaine aurait communiqué plusieurs renseignements essentiels grâce à une flotte de drones furtifs déployée sur place.
Un agent proche de Maduro
Il fallait notamment suivre Nicolás Maduro au quotidien, afin de « comprendre comment il se déplaçait, où il vivait, où il voyageait, ce qu’il mangeait, ce qu’il portait », a détaillé Dan Caine, lors de sa prise de parole depuis Mar-a-Lago ce samedi.
Pour atteindre le cœur du pouvoir vénézuélien, ou étaient conservées les informations les plus cruciales sur les faits et gestes du président, la CIA disposait surtout des services d’un agent de la CIA infiltré en profondeur au sein du gouvernement, toujours selon ces sources interrogées par Reuters et le New York Times.
Intégrée au cercle rapproché de Maduro, cette taupe vénézuélienne aurait été chargée de surveiller tous les déplacements du chef d’État. Avec un objectif : communiquer à sa hiérarchie, en temps réel tout au long de l’opération, des informations essentielles sur la localisation de Maduro. Ce qui aurait permis l’arrestation, à première vue aisée, du dirigeant vénézuélien.
50 millions de dollars
On ignore, à ce stade, comment cet agent a pu être recruté par la CIA. Selon d’anciens responsables de l’agence interrogés par le quotidien new-yorkais, la récompense de 50 millions de dollars offerte par le gouvernement américain pour toute information menant à la capture de Maduro aurait pu être essentielle.
À cette heure, il reste difficile d’établir avec certitude le niveau d’implication de cet agent et l’éventuelle porosité du contre-espionnage vénézuélien. Mais force est de constater que les « mois de préparation et d’entraînement » de l’ensemble des forces américaines, selon les mots du général Dan Caine, ont porté leurs fruits.
Dans de récentes déclarations, le directeur de la CIA John Ratcliffe promettait de rendre son agence plus offensive, prête à mener des opérations clandestines d’envergure. À l’automne dernier, Donald Trump autorisait l’agence à adopter une approche plus agressive, avant d’approuver plusieurs opérations en lien avec le Venezuela.
En décembre dernier, selon plusieurs médias, la CIA avait notamment détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, la première frappe terrestre depuis le début de la campagne militaire américaine contre le trafic de drogue en Amérique latine.

