Manifestations en Iran : une « révolte » pour « faire avancer l’histoire », selon le réalisateur Jafar Panahi

Jan 1, 2026 - 07:05
Manifestations en Iran : une « révolte » pour « faire avancer l’histoire », selon le réalisateur Jafar Panahi

Une parole forte. Les manifestations qui secouent l’Iran ces derniers jours sont une « révolte » pour « faire avancer l’histoire », a estimé ce mercredi le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d’or du dernier Festival de Cannes pour « Un simple accidenté ».

« La douleur commune s’est muée en cri dans la rue. Depuis quatre jours, le peuple se tient debout, non pour se plaindre, mais pour réclamer le changement », écrit-il sur Instagram, après trois jours d’une mobilisation contre la vie chère initiée par des commerçants de la capitale Téhéran, et rejointe mardi par des étudiants.

« Cette révolte est une volonté qui a décidé de persévérer, d’avancer et de faire avancer l’histoire », ajoute le cinéaste, opposant au pouvoir iranien. « Quand il n’y a plus rien à perdre, la peur s’efface. Les voix s’unissent, le silence se brise et le retour en arrière est impossible », écrit-il également.

Début décembre, Jafar Panahi a été par l’Iran condamné à un an de prison pour « propagande » contre l’État. Le réalisateur a déjà connu la prison à deux reprises dans son pays d’origine.

Mobilisation contre la vie chère

Des manifestations spontanées contre l’hyperinflation et le marasme économique ont débuté dimanche dans le plus grand marché pour téléphones portables de Téhéran, avant de gagner en ampleur.

Mardi, au troisième jour de ce mouvement, des manifestations étudiantes ont éclaté dans au moins dix universités de la capitale et de plusieurs villes iraniennes, selon les agences de presse Irna et Ilna.

Mercredi, un bâtiment gouvernemental, situé à Fasa une localité du sud du pays, a été pris pour cible et endommagé par « plusieurs individus », selon le chef du pouvoir judiciaire local, Hamed Ostovar, cité par l’agence de presse Ilna. Il n’a pas établi de lien avec les manifestations.

Auparavant, les médias iraniens n’avaient pas fait état de nouvelles mobilisations, alors qu’écoles, banques et établissements publics ont été fermés sur décision des autorités dans la quasi-totalité du pays, en raison du froid et pour économiser l’énergie.

Ce mouvement contre la vie chère est à ce stade sans commune mesure avec les grandes manifestations qui avaient secoué l’Iran fin 2022, après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune iranienne. Son décès, à la suite d’une arrestation pour un voile prétendument mal ajusté, en infraction avec le strict code vestimentaire en vigueur en Iran, avait soulevé une vague de colère, dans laquelle plusieurs centaines de personnes avaient trouvé la mort, dont des dizaines de membres des forces de sécurité.

Tomas Kauer - News Moderator https://www.tomaskauer.com/