« Mascarade » ou « scrutin apaisé » ? En Centrafrique, le président réélu dans un climat de confusion
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a été réélu avec 76,15 % des voix, a annoncé dans la nuit de lundi à mardi l’Autorité nationale des élections lors d’une cérémonie prévue à cet effet. Son principal opposant Anicet-Georges Dologuélé arrive en deuxième position avec 14,66 % des voix, selon ces résultats provisoires.
The Central African Republic voted in a national election on December 28, with President Faustin-Archange Touadera seeking a third term after scrapping term limits in 2023 https://t.co/8eHZQQO05P pic.twitter.com/lZzJ0FxZSv— Reuters (@Reuters) December 29, 2025
52,43 % des électeurs de ce pays d’Afrique centrale se sont rendus aux urnes le 28 décembre 2025 pour un quadruple scrutin - présidentiel, législatif, régional et municipal - dont les résultats définitifs seront proclamés par le Conseil constitutionnel à la mi-janvier, après l’examen d’éventuels recours.
Élu en 2016 puis réélu en 2020 lors d’un scrutin entaché de soupçons de fraude, le président réélu est critiqué pour avoir fait adopter en 2023 une nouvelle constitution lui permettant de se maintenir au pouvoir.
L’opposition dénonce des irrégularités
Le candidat Dologuélé a quant à lui revendiqué sa victoire vendredi et dénoncé des irrégularités majeures dans ce scrutin, qualifié par des observateurs de l’Union Africaine « d’élections apaisées ». Le porte-parole du président Touadéra, a rejeté ces déclarations samedi, les qualifiant de « fausses » et mettant en garde contre les risques de « troubles ».
Henri-Marie Dondra, arrivé troisième avec 3,19 % des suffrages a appelé lundi soir, avant même la proclamation des résultats provisoires officiels, à une « annulation pure et simple des scrutins », dénonçant « l’incapacité » de l’agence nationale des élections à organiser le vote.
L’opposition, dont une partie a boycotté les élections, a dénoncé une « mascarade » et reproché aux institutions, dont l’Autorité nationale des élections et la Cour Constitutionnelle, d’être aux mains du pouvoir en place.

