Transition du pouvoir, infrastructures pétrolières, présence militaire… Ce que Trump prévoit au Venezuela après la capture de Maduro
Il pense déjà à l’après. Alors que le président vénézuélien, Nicolás Maduro, a été capturé par les forces américaines en vue d’un jugement à New York, le président Donald Trump a détaillé, ce samedi, ses ambitions pour le Venezuela, dont le gouvernement a été renversé par son intervention.
Washington veut « diriger » le Venezuela
Alors que la vice-présidente Delcy Rodriguez est supposée devenir présidente par intérim du Venezuela en l’absence de Nicolás Maduro, Donald Trump, lui, a déclaré que Washington devait prendre le pouvoir à Caracas, sans préciser les conditions de cette intervention américaine au pouvoir vénézuélien.
« Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse », a dit le président américain lors d’une conférence de presse en Floride.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a assuré avoir eu une conversation avec Delcy Rodriguez. « Elle est prête à faire ce que nous estimons nécessaire pour que cela marche », a commenté Donald Trump.
Alors que certaines voix avançaient le nom de la prix Nobel de la paix et cheffe de l’opposition vénézuélienne, María Corina Machado, pour prendre la suite de Maduro après sa chute, Donald Trump a écarté l’idée.
« Je pense qu’il lui serait très difficile d’être à la tête du pays. Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays. C’est une femme très gentille, mais elle n’inspire pas le respect », a déclaré le président américain, ajoutant que les États-Unis n’avaient pas eu de contact avec l’intéressée.
Présence militaire
Après l’opération qui a mené à la capture de Nicolás Maduro, les forces américaines vont rester dans la région, a par ailleurs averti le chef d’état-major américain Dan Caine.
« À l’heure où nous nous trouvons ce matin, nos forces restent dans la région en état d’alerte maximale, prêtes à projeter leur puissance, à se défendre et à défendre nos intérêts dans la région » , a-t-il déclaré aux côtés du président américain.
Donald Trump a ajouté que les États-Unis étaient prêts à lancer « une seconde attaque plus importante ». « Nous n’avons pas peur d’envoyer des troupes sur le terrain si besoin (…) Nous avions des troupes au sol à un très haut niveau la nuit dernière », a-t-il ajouté.
Mais dans les rues de Caracas, aucun signe d’une présence militaire américaine n’était visible, selon l’AFP.
Des investissements pétroliers
En parallèle, Donald Trump prépare déjà des investissements financiers dans le pétrole vénézuélien. « Nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées (…) et commencer à générer des revenus pour le pays », a déclaré le président américain. Mais « l’embargo sur tout le pétrole vénézuélien reste pleinement en vigueur », a-t-il aussi souligné.
Washington impose des sanctions économiques au Venezuela depuis 2017 et, en janvier 2019, durant le premier mandat de Donald Trump, a instauré un embargo pétrolier visant à asphyxier économiquement le pays qui dépend de ses exportations d’or noir.
Au début de son second mandat en 2025, Donald Trump a mis fin aux licences pétrolières qui permettaient à des multinationales du pétrole et du gaz d’opérer au Venezuela malgré les sanctions. Seul l’Américain Chevron est réautorisé à opérer dans le pays, mais n’a plus le droit de verser de l’argent au pouvoir.
L’enjeu du pétrole est capital pour Caracas. Car le Venezuela possède les réserves prouvées de pétrole les plus importantes au monde, mais le pays est loin de figurer parmi les principaux producteurs de pétrole.

