« Une catastrophe que l’Amérique latine n’a jamais connue » : l’attaque des États-Unis au Venezuela a-t-elle semé le désordre ?

Jan 8, 2026 - 07:01
« Une catastrophe que l’Amérique latine n’a jamais connue » : l’attaque des États-Unis au Venezuela a-t-elle semé le désordre ?

Les bombardements des États-Unis au Venezuela et la capture du président Nicolás Maduro pourraient entraîner une « catastrophe » sans précédent en Amérique latine, a estimé mercredi le vice-ministre des Affaires étrangères colombien dans un entretien à l’AFP. « S’il y a une crise humanitaire de grande envergure, l’impact, la dévastation, seront impossibles à contenir. Nous parlons d’une catastrophe que l’Amérique latine n’a jamais connue », a déclaré Mauricio Jaramillo depuis Bogota.

La Colombie et les États-Unis étaient des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations sont aujourd’hui au plus bas. La Colombie et son président de gauche Gustavo Petro ont critiqué avec persistance tant le déploiement naval américain autour de l’Amérique latine que les bombardements de bateaux présentés par Washington comme transportant de la drogue. Et dénoncé avec virulence l’opération chirurgicale menée par des troupes américaines le 3 janvier sur le sol vénézuélien pour emmener de force M. Maduro et la Première dame, Cilia Florès.

Le président colombien Gustavo Petro, ancien guérillero, a déclaré lundi qu’il allait « reprendre les armes », en réponse aux menaces de son homologue américain Donald Trump, sur fond de tension exacerbée entre les deux pays après l’opération militaire américaine éclair. « Nous essayons de nous préparer, mais nous ne serons jamais tout à fait prêts en cas de dégradation due à la guerre », et ce d’autant plus que l’Amérique latine est polarisée face aux États-Unis de Trump, assure Mauricio Jaramillo, dont le pays partage plus de 2200 km de frontière avec le Venezuela.

Alors que les gouvernements de droite en Argentine, en Équateur et au Chili défendent le renversement de Nicolás Maduro, ceux de gauche au Brésil, Mexique, Colombie et Uruguay ont fait bloc pour le condamner. « Cette division, évidemment, va à l’encontre d’une solution régionale en l’absence de bases et d’un minimum de consensus, il est évidemment très difficile de répondre de manière régionale », avertit le vice-ministre colombien.

Il a ajouté que, même si une attaque militaire américaine contre la Colombie semblait « improbable », le pays aurait une réponse « légitime » si nécessaire.

Tomas Kauer - News Moderator https://www.tomaskauer.com/