« Une escalade de la violence » : aux États-Unis, des nouveaux tirs de la police de l’immigration blessent deux personnes, à Portland
La situation s’envenime aux États-Unis : deux personnes, un homme et une femme, ont été blessées par des tirs de la police de l’immigration, à Portland (Oregon), ce jeudi. « Deux personnes ont été hospitalisées à la suite d’une fusillade impliquant des agents fédéraux », a expliqué la police municipale dans un communiqué, le FBI confirmant de son côté l’implication de la police aux frontières.
DEVELOPING: Local and federal sources tell ABC News that federal agents shot two people in Portland, Oregon, on Thursday afternoon. The FBI is responding.
The sources say the agents who opened fire are with U.S. Customs and Border Protection. pic.twitter.com/9LrQbU4enE— ABC News (@ABC) January 8, 2026
L’antenne locale du FBI a brièvement annoncé enquêter sur l’action d’agents de la police aux frontières (CBP), dans un message sur X, avant de retirer sa publication quelques minutes plus tard. Dans la soirée, le Département de la sécurité intérieure (Homeland Security) a affirmé que le passager du véhicule touché par les tirs était un immigré vénézuélien qui appartiendrait à un gang, et qui aurait participé à une fusillade récemment. Des déclarations qui n’ont pas pu être corroborées pour l’heure et les observateurs ont appris à être prudent avec les assertions de l’administration Trump.
Ce nouvel événement a rapidement fait réagir le maire de la ville. « Nous ne pouvons rester les bras croisés face à l’érosion des protections constitutionnelles et à l’escalade de la violence, a réagi le maire démocrate Keith Wilson. Portland n’est pas un terrain d’entraînement pour des agents militarisés, et la force maximale brandie par l’administration a des conséquences mortelles. En tant que maire, j’exhorte l’ICE à suspendre toutes ses opérations à Portland jusqu’à ce qu’une enquête approfondie soit menée. »
Ces tirs font suite au décès d’une Américaine de 37 ans, Renée Good, mercredi à Minneapolis, touchée par un tir à bout portant d’un policier de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement).
Ce décès a déclenché une vague d’indignation sur tout le territoire national : cette Américaine est désarmée et tentait de s’éloigner, au volant de son véhicule, des agents de l’immigration. Un policier était alors venu à la hauteur du véhicule avant de tirer à trois reprises dans la tête de la conductrice.
« Portland ne répond pas à la violence par la violence »
Les circonstances des tirs à Portland n’ont pas encore été rendues publiques. Mais l’état de tension est maximal, aux États-Unis, depuis mercredi. Portland est situé à l’extrémité nord-ouest des États-Unis, entre la Californie et le Canada. La ville a une tradition de contestation très forte, et la présence de l’ICE, depuis plusieurs mois, a suscité de nombreuses manifestations.
« J’appelle tous les habitants de Portland à incarner nos valeurs et à faire preuve de calme et de détermination en cette période difficile, a aussi déclaré le Maire. Portland ne répond pas à la violence par la violence. Nous répondons avec clarté, unité et un engagement envers la justice. Nous devons rester unis pour protéger Portland. »
Un peu plus tôt dans la journée de jeudi, le vice-président des États-Unis J.D. Vance avait déclaré, évoquant le drame de Minneapolis, que les agents de l’immigration bénéficiaient « d’une immunité totale ». Des propos qui avaient fait grincer des dents chez une partie de la population, qui y avaient vu un blanc-seing donné aux forces de l’ordre pour toutes leurs actions, y compris les plus violentes.
Depuis leur déploiement à grande échelle dans de nombreuses villes des États-Unis, les agents de l’ICE et de Border Protection (Contrôle des frontières) sont régulièrement pris à partie par une partie de la population, qui essaie de protéger les personnes en situation irrégulière en retardant les interventions de ces forces de l’ordre.
Les images des confrontations entre activistes et agents sont largement relayées sur les réseaux sociaux, mais jusqu’ici les débordements avaient été plutôt rares. Avant aujourd’hui, neuf épisodes de coups de feu tirés par ICE avaient été recensés par la presse américaine depuis septembre. La plupart contre des personnes qui essayaient de fuir des contrôles.

