Zohran Mamdani devient maire de New York, où de gros défis attendent l’élu de gauche
Enfin l’heure. Zohran Mamdani est devenu officiellement ce jeudi 1er janvier maire de New York, où de nombreux défis attendent ce démocrate de 34 ans élu sur d’ambitieuses promesses de gauche et une opposition frontale à Donald Trump.
Au moment où des milliers de personnes célébraient le passage à la nouvelle année sur Times Square, c’est dans une historique station de métro désaffectée de Manhattan desservant autrefois l’hôtel de ville que le nouvel édile devait être intronisé. Le choix du lieu, chef-d’œuvre architectural datant de la création du métro en 1904, ne doit rien au hasard pour cet élu qui y voit le symbole d’« une ville qui osait être à la fois belle » et « capable de transformer la vie des classes laborieuses ».
Le nom de celle qui dirigera la prestation n’est pas moins anodin : Letitia James, procureure générale de l’État de New York, ennemie intime de Donald Trump dont elle avait obtenu la condamnation en 2024 dans une vaste affaire de fraudes.
Premier maire musulman de la ville, Zohran Mamdani prêtera serment sur le Coran, a rapporté mercredi le New York Times, citant l’une de ses proches collaboratrices. Avec là encore un symbole appuyé, puisqu’il s’agira d’un exemplaire ayant appartenu à un écrivain et historien pionnier de l’histoire des Afro-Américains, Arturo Schomburg, figure du quartier de Harlem.
Cette cérémonie d’investiture en petit comité sera suivie d’une autre jeudi à la mi-journée à l’hôtel de ville, présidée par deux champions de la gauche américaine, le sénateur Bernie Sanders et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues à cette occasion pour une grande « fête de quartier », avec retransmissions sur écrans géants, musiques et performances le long de Broadway.
Gel des loyers
Élu le 4 novembre sur un programme d’opposition franche au président américain, notamment sur l’économie et l’immigration, Zohran Mamdani s’est depuis lors rendu à la Maison Blanche pour un échange étonnamment chaleureux entre les deux hommes, qui ont fait assaut d’amabilités.
Donald Trump a-t-il pour autant remisé ses menaces, faites pendant la campagne, d’envoyer la Garde nationale à New York ou de couper les subventions fédérales à la ville ?
« Si demain Stephen Miller (proche conseiller de Donald Trump) ou JD Vance (…) suggèrent au président d’envoyer plus de policiers de l’immigration à New York, il le fera », estime auprès de l’AFP Lincoln Mitchell, professeur de sciences politiques à l’université Columbia.
En outre, les électeurs du nouveau maire « attendent réellement » que ce dernier s’oppose fermement à la Maison Blanche. Jeune élu local de l’arrondissement du Queens sans longue expérience politique, Zohran Mamdani aura par ailleurs fort à faire pour mettre en œuvre ses promesses de campagne, qui ont suscité une grande attente.
Membre de la petite formation des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), il a bâti l’essentiel de son programme autour du coût de la vie, devenu prohibitif pour une partie des 8,5 millions d’habitants de New York, notamment le logement.
Son prédécesseur Éric Adams, dont le bilan a été entaché par des accusations de corruption, s’est employé à en compliquer une mesure phare, le gel des loyers de plus d’un million d’appartements, en nommant ou renommant plusieurs proches au comité chargé d’en décider.
Les modalités des autres promesses de Zohran Mamdani - construction de 200 000 logements abordables, garde d’enfants accessible à tous, supermarchés publics à bas prix, gratuité des bus - ne sont pas encore connues. Mais il devra sans tarder faire des annonces pour les lancer.
Soutien de longue date de la cause palestinienne, extrêmement critique sur la politique d’Israël, l’élu se sait étroitement surveillé sur la question de la défense de la communauté juive, sur fond de montée de l’antisémitisme à New York comme ailleurs aux États-Unis. Depuis son élection, une de ses recrues a démissionné après la découverte de tweets antisémites qu’elle avait postés dans sa jeunesse.

