Municipales : tout ce qu’on vous conseille de retenir

Mar 16, 2026 - 07:01

Ces villes que les Insoumis visaient 

Elle était leur cible prioritaire ; elle ne les a pas déçus. Roubaix s’est affichée très, très majoritairement Insoumise au premier tour, en plaçant le député David Guiraud largement en tête, avec 46,64% des suffrages. Les trois autres listes qualifiées sont loin derrière : celle du maire sortant divers droite, Alexandre Garcin (20,09%) en poste depuis décembre seulement ; celle de la gauche unie hors LFI, de Karim Amrouni (16,76%) et celle du Rassemblement national de Céline Sayah (11,87%). 

Même jackpot, quoique plus surprenant, de Bally Bagayoko, qui, fort du soutien des communistes et du collectif La Seine-Saint-Denis au cœur, a renversé, avec 50,77% des voix, le socialiste Mathieu Hanotin (32,7%) à Saint-Denis. Celle-ci devient ainsi la plus grande ville Insoumise à ce jour, puisqu’elle compte 148 000 habitants environ.

Les cadres Insoumis se félicitaient aussi hier soir d’être arrivés “en tête de la gauche”, à Toulouse, où ils ont en effet créé la surprise : avec 27,56% des voix, leur candidat François Piquemal devance le socialiste François Briançon (24,99%), alors que les sondages prédisaient l’inverse. Le prétendant PS est d’ailleurs resté silencieux hier.

L’Insoumis Damien Maudet est aussi bien placé à Limoges (24,86%) où il suit de près le président LR de la métropole, Guillaume Guérin (27,34%). En troisième position, Thierry Miguel, soutenu par le PS, le PCF et Place publique, a récolté 16,92 % de suffrages. A Lille, LFI s’est placée en deuxième position (23,36%) derrière le sortant socialiste Arnaud Deslandes (26,26%), plaçant les Ecologistes, troisièmes (17,75%), en position d’arbitres des gauches. Les listes Renaissance (11,14%) et RN (10,92%) sont aussi qualifiées pour le second tour. 

Les Insoumis sont encore arrivés en tête à La Courneuve (avec Aly Diouara, à 38%) ; à Saint-Fons, dans le Rhône (37,61%), devant trois autres listes. 

A Evry-Courcouronnes, Farida Amrani (29,80%) a été largement distancée par le maire sortant ex-LR Stéphane Beaudet (57,21%).  

Celles que ciblait le Rassemblement national

Louis Aliot a pu aller au lit le sourire aux lèvres : le maire RN de Perpignan a été réélu dès le premier tour, avec 50,61%. D’autres sortants RN l’ont aussi déjà emporté : Steeve Briois à Hénin-Beaumont, qui a récolté pas moins de 77,71% des suffrages ; Fabien Engelmann à Hayange (72,96%) ; Nelson Chaudon à Beaucaire (60,37%) ; David Rachline à Fréjus (51,33%). La palme revient peut-être à Ludovic Pajot à Bruay-la-Buissière, et ses 81,44 %. 

Moins attendus, au moins deux députés lepénistes l’ont aussi emporté dès hier : Nicolas Meizonnet à Vauvert, dans le Gard (57,50%) et Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes (50,21%). 

Ils et elles sont aussi en tête : l’allié Eric Ciotti, et très largement, à Nice, avec 43,43% contre 30,92% pour le sortant (Horizons) Christian Estrosi — la liste Ecolo, à 11,93%, est aussi qualifiée … la députée Alexandra Masson à Menton (36,25%), reléguant Louis Sarkozy à la troisième place (18,01%) derrière Sandra Paire (19,74%) … Laure Lavalette à Toulon (42,05%), qui affrontera deux listes ayant atteint respectivement 29,54% et 15,71% des suffrages …  Thierry Tesson (29,72%) à Douai.

A Nîmes, Julien Sanchez termine en tête d’un cheveu, moins d’un point le séparant du communiste Vincent Bouget (30,39% contre 30,05%). Le candidat LR Franck Proust s’est qualifié (19,55%) comme Julien Plantier, soutenu par Renaissance et le MoDem (15,55%). 

Franck Allisio a tenu sa promesse de sacrément faire trembler le sortant Benoît Payan à Marseille, atteignant 35,02%, soit 15 points de plus qu’en 2020 (Stéphane Ravier avait alors récolté 19,44% des suffrages). Le maire phocéen est tout proche, à 36,69% des suffrages. 

Le RN a en revanche échoué à Lens, et à Denain, toutes deux reconquises dès le premier tour par les maires PS. Les candidats lepénistes, arrivés deuxièmes voire troisièmes, auront sûrement des difficultés à s’imposer à Liévin, à Laon, à Cambrai… 

Ce qu’il advient des sortants Ecolos 

C’était l’une des plus grosses surprises de ce premier tour : le maire sortant de Lyon, Grégory Doucet, pourtant largement distancé dans les sondages jusqu’à présent, termine, avec 37,36% des voix, de peu devant l’ancien patron du club de foot de la ville, Jean-Michel Aulas (36,78%) plombé par une fin de campagne calamiteuse. Une “remontada historique”, selon Marine Tondelier, la patronne des Ecolos, qui était de tous les plateaux de télévision hier soir. Qualifiée pour le second tour, l’Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi a proposé une “fusion technique” à Doucet. 

Pour le reste, la “vague verte” de 2020 reflue sensiblement, comme il fallait s’y attendre. Dans les six autres métropoles conquises par les Ecologistes en 2020, seuls trois sortants font la course en tête après le premier tour : A Tours, Emmanuel Denis (33,82%) distance de dix points l’ancien maire et candidat du “socle commun” Christophe Bouchet ; Léonore Moncond’huy, à Poitiers, avec 26,41% de voix, quoiqu’elle pourrait se retrouver à affronter cinq autres listes, toutes en capacité de se maintenir ; et Pierre Hurmic, à Bordeaux (27,68%), qui est talonné par l’ancien ministre macroniste Thomas Cazenave (25,58%), suivi par l’économiste Philippe Dessertine (20,16%). 

Ceux et celles qui sont distancé(e)s : à Strasbourg, Jeanne Barseghian et ses 19,72% des suffrages, derrière l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann (25,93%) et le LR Jean-Philippe Vetter (24,23%) … non encarté, l’héritier de François Astorg à Annecy, Alexandre Mulatier-Gachet (24,70%) qui devra courir après le candidat Renaissance Antoine Armand (34,78%) … Anne Vignot (33,37%), par le candidat LR Ludovic Fagaut (40,13 %) à Besançon, où l’Insoumise Séverine Véziès peut se maintenir (10,90%). 

La pente semble moins raide pour Laurence Ruffin, adoubée par Eric Piolle pour lui succéder à Grenoble : la sœur du député François Ruffin est deuxième (26,33%), toute proche d’Alain Carignon (27,04%), l’ancien maire LR condamné en 1996 à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d’inéligibilité pour corruption et abus de biens sociaux. Deux autres listes de gauche (dont une LFI à 14,48%, l’autre à 10,23%) sont qualifiées. 

Le sort des bastions socialistes 

Commençons par le commencement : à Paris, Emmanuel Grégoire est arrivé en tête, et bien en tête, avec 37,98% des suffrages ; Rachida Dati est à 25,46%. Seule mauvaise nouvelle pour lui : l’Insoumise Sophia Chikirou est-elle aussi qualifiée pour le second tour, avec 11,72%. “J’attends son appel”, a-t-elle lancé, à propos de son camarade socialiste. Son adversaire de droite doit aussi composer avec deux listes passant la barre des 10%, celles de Pierre-Yves Bournazel (11,34%) et de Sarah Knafo (10,4%).

Quelques maires PS ont été réélus dès le premier tour, comme celui de Lens, Sylvain Robert (50,72%) ou celui de Boulogne-sur-Mer, Frédéric Cuvillier (53,94%), ou encore Ericka Bareigts à Saint-Denis de La Réunion (62,22%). 

Les sortants socialistes sont aussi en tête à Rennes (Nathalie Appéré, 34,53%, suivie du candidat Horizons Charles Compagnon à 22,47% et de l’Insoumise Marie Mesmeur à 18,61%) … à Rouen (Nicolas Mayer-Rossignol, 45,13%, devant Marine Caron, d’Horizons, à 24,76%, l’Insoumis Maxime da Silva et ses 14,04% et Grégoire Houdan du RN à 13,30%) … à Montpellier (Michaël Delafosse, 33,41%, devant la liste Insoumise à 15,36% et le président du Montpellier Hérault Rugby, Mohed Altrad, à 11,31%).

A Nantes, Johanna Rolland, avec 35,24%, est suivie de très, très près par le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe (33,77%). L’Insoumis William Aucant s’est aussi qualifié (11,20%). 

C’est encore plus compliqué dans plusieurs autres places fortes du socialisme municipal, où les maires ont été doublés par la droite : à Brest, François Cuillandre (23,80%) est distancé par Stéphane Roudaut (30,24%), où LFI (15,39%) et le RN (11,12%) sont aussi en mesure de se maintenir … à Clermont-Ferrand, Julien Bony, des Républicains, est arrivé en tête (33,93%) devant le maire PS Olivier Bianchi (29,99%), LFI (17,01%) et le RN (11,29%).

Les quelques raisons de se réjouir du bloc central 

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a été réélu dès le premier tour à Vernon, son fief eurois, où il candidatait sur la liste du maire sortant, François Ouzilleau (59,54%). L’ancien ministre Franck Riester a aussi déjà retrouvé son fauteuil à Coulommiers (66,22%). 

Edouard Philippe est arrivé en tête au Havre, à 43,76%, devant le communiste Jean-Paul Lecoq (33,25%) et le candidat d’extrême droite Franck Keller (15,30%). Comme l’ancien ministre Antoine Armand, à Annecy. 

Et celles dont on voulait aussi vous parler 

Ces autres personnalités élues dès le premier tour : le communiste Fabien Roussel à Saint-Amand-les-Eaux (51,06%) … Jean-François Copé (LR) à Meaux (63,45%) … Natacha Bouchart à Calais (60,06%) … Nicolas Dupont-Aignan à Yerres (79,95%) … Jean-Christophe Lagarde à Drancy (63,76%). 

C’est en revanche rapé pour Philippe Gustin, le directeur de cabinet de Sébastien Lecornu : son adversaire Alain Grillot l’a emporté dès le premier tour à Fougerolles-Saint-Valbert, en Haute-Saône. 

A Troyes, le sortant LR François Baroin devra se fendre d’un second tour pour la première fois depuis 30 ans. Arrivé en tête (48,55%), il affrontera une liste RN (16,52%) et une autre d’union de la gauche (11,27%). 

François Bayrou, à Pau, a récolté 33,83% des suffrages. L’ancien Premier ministre devra affronter la liste socialiste de Jérôme Marbot (26,31%) et celle de la RN Margaux Taillefer (16,26%). 

Comme à Poitiers, une sexangulaire pourrait se jouer à Mulhouse, où la maire sortante divers droite Michèle Lutz est arrivée en tête (17,60%).