Les 21 couples de pouvoir à suivre en 2026
PARIS — C’est une tradition qui se déguste comme une boîte de chocolats : autour de chaque Saint-Valentin, POLITICO répertorie pour vous les tandems les plus en vue du moment, ces duos à la ville chez qui la politique s’invite forcément à table, et pas qu’entre la poire et le fromage.
Comme pour les éditions 2024 et 2025, voici notre règle d’or : chacun de ces binômes doit être composé de deux personnalités influentes, qu’ils ou elles soient élus, hauts fonctionnaires, chefs d’entreprise, journalistes, auteurs… Certains viennent d’être promus à des postes stratégiques ou exposés, d’autres conjuguent affaires et réseaux, et une poignée d’ambitieux aspirent à diriger une grande ville ou la destinée du pays.
Voici nos 21 power couples — supercouples, diraient nos amis Québécois — à suivre de près cette année.
1) Xavier Niel et Delphine Arnault
Voilà un duo qui pourrait nous réserver des surprises en 2027. Xavier Niel, patron d’Iliad et baron de la tech française, laisse en effet circuler la rumeur de son ambition présidentielle, ainsi que l’ont rapporté nos confrères du Point. Le milliardaire, à l’évidence, ne boude pas son plaisir, lui qui s’est appliqué ces dernières années à rassembler une fanbase, notamment après la publication de son livre Une sacrée envie de foutre le bordel (Flammarion). Et pour qui, selon un sondage Cluster 17, 10% des Français seraient prêts à voter.
A ses côtés depuis 2010, Delphine Arnault, l’une des héritières de l’homme le plus riche d’Europe et elle-même à la tête de Dior, navigue dans les eaux tumultueuses des relations entre le Vieux Continent et les Etats-Unis pour s’assurer que le luxe ne reste pas sur la touche outre-Atlantique.

2) Bernard Arnault et Hélène Mercier-Arnault
Le couple le plus riche de France continue de collectionner les honneurs, d’où qu’ils viennent. Quand Hélène, pianiste québécoise de renom, est invitée à jouer sur scène par Gims dans la plus grande salle d’Europe, Bernard a pris place dans son fauteuil d’immortel à l’Académie des sciences morales et politiques, une case de plus dans sa carrière en or.
Mariés depuis trente-six ans, les époux vivent entre leurs villas à Saint-Tropez, une île privée aux Bahamas et leurs hôtels particuliers parisiens, où ils ont le privilège… d’être leurs propres voisins. A la maison, on reçoit à dîner les plus grands, y compris les Macron. Au siège de LVMH, on discute et on se dispute avec les enfants, parfois, comme sur le sort que le patriarche compte réserver au Parisien, quotidien populaire et déficitaire qui fait partie de son empire médiatique.
Au sommet de leur art, quoi écrire ensuite ? L’histoire d’une succession, déjà promise comme un blockbuster à la française, dans un contexte où les marques du groupe de luxe subissent le désamour chinois et le protectionnisme américain. Entre les cinq héritiers (Alexandre, Frédéric et Jean, demi-frères de Delphine et Antoine), le jeu est ouvert. Un maigre indice : Antoine Arnault vient de faire son entrée au comité exécutif de la boutique familiale.
3) Amélie de Montchalin et Guillaume de Montchalin
Il y aurait de quoi être jaloux : Amélie de Montchalin est l’une des chouchoutes d’Emmanuel Macron. S’il fallait une preuve en plus, la nomination éclair de la ministre à la tête de la Cour des comptes fait figure d’une des plus belles promotions présidentielles ; elle pourrait théoriquement y rester jusqu’à la fin de sa carrière… en 2054.
Rien ne semble toutefois pouvoir éloigner Amélie de son “super coéquipier” Guillaume. Ainsi ont-ils fêté l’année dernière leurs 40 ans avec une centaine d’amis et d’enfants, dans le jardin de leur demeure essonnienne. Associé dans le fonds d’investissement Eurazeo, lui se consacre avant tout au financement des PME européennes et tente de convaincre les investisseurs internationaux de miser sur le Vieux Continent.
Piano, flûte et violoncelle, scoutisme et trimestre linguistique en Angleterre : le couple donne aussi tout pour l’éducation de ses ados, une fille aînée suivie de jumeaux. Et pour respirer ? La petite troupe part en voilier sur la Méditerranée l’été ou à la montagne l’hiver, dès que les “quelques contraintes” de la cheffe de famille lui laissent du temps libre, comme elle l’a confié dans sa carte de vœux pour ses intimes.
4) Tibo InShape et Juju Fitcats
Voilà deux influenceurs qu’on ne présente (presque) plus, tant le monde politico-médiatique se les arrache, jusqu’au président himself. Thibaud Delapart, alias Tibo InShape, est le premier youtubeur de France et un ambassadeur des réseaux sociaux très prisé de la Macronie. Il faut dire que le vidéaste partage la philosophie du “en même temps” si chère au chef de l’Etat. En décembre, il a été convié par l’Elysée — sans rémunération, assure-t-il — à participer au réveillon avec les forces armées françaises, à Abou Dhabi. De quoi publier une vidéo de plus pour ses 26 millions d’abonnés.
Sa femme Justine Delapart, aka Juju Fitcats, cultive aussi le succès. Issue d’un milieu modeste, confie-t-elle à La Tribune, l’influenceuse est à la tête de sa propre société, en plus d’être animatrice sur M6 et même candidate de l’émission Danse avec les stars. L’instagrameuse aux 3 millions d’abonnés est sensible aux sujets de santé mentale, du réchauffement climatique et du bien-être animal. Elle avait fait la promotion de la pétition contre la proposition de loi Duplomb, qui avait récolté plus de 2 millions de signatures.
En couple depuis 2017, ils se sont mariés en mai 2025 — un événement visionnable sur YouTube, évidemment.

5) Sarah Knafo et Eric Zemmour
Leur duo survivra-t-il à la présidentielle de 2027 ? Les observateurs les plus mesquins se délectent ces temps-ci des tensions supposées entre le président de Reconquête et sa compagne eurodéputée. L’éventualité d’une candidature de Sarah Knafo au scrutin suprême a en effet de quoi pimenter les repas de famille.
Voyez donc : officiellement concentrée sur sa campagne pour Paris, elle n’arrive pas toujours à exclure définitivement de se lancer dans la course pour l’Elysée. Alors qu’Eric Zemmour, lui, martèle que la non-candidature de sa compagne est d’une “clarté biblique”. Ahem.
Il faut dire qu’aux yeux de nombreux élus et proches du duo, la jeune femme ferait une championne plus redoutable que le sexagénaire, notamment parce qu’elle se montre plus habile pour faire oublier les idées les plus extrémistes de Reconquête. Attention toutefois à ne pas rater la marche des 10% pour se qualifier pour le second tour à la mairie de Paris (le score dont elle était créditée début février dans notre sondage Cluster17).
6) Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou
Secret de polichinelle dans le premier cercle de La France insoumise, le couple que forme Jean-Luc Mélenchon avec Sophia Chikirou est l’une des révélations de La Meute : “Pour la première fois, on décide d’évoquer qu’ils partagent leur vie pour la simple et bonne raison que ce couple politique et leur vie privée ont une influence sur l’organisation et la marche à suivre”, justifiait Olivier Pérou, journaliste et coauteur du livre-enquête au printemps dernier.
De fait, le fondateur de LFI et la députée n’ont guère apprécié que leur vie privée s’étale en librairies. Cette année ne sera pas moins exposée : non seulement Jean-Luc Mélenchon continue de prendre la lumière, en campagne pour être candidat à la présidentielle pour la quatrième fois, mais Sophia Chikirou est sortie de l’ombre. Tête de liste de LFI dans la capitale, elle tentera en mars de faire entrer un maximum d’élus Insoumis au Conseil de Paris, quitte à mettre en difficulté l’alliance entre écologistes et socialistes. Quel que soit le résultat, elle aura ensuite rendez-vous au tribunal en mai, pour des soupçons d’escroquerie sur des faits qui remontent à 2018, en lien avec ses activités pour Le Média.
7) Léa Salamé et Raphaël Glucksmann
Arrivée il y a à peine six mois aux commandes du 20 heures de France 2, Léa Salamé va-t-elle devoir bientôt abandonner son siège ? Devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, dont le rapporteur lui demandait début février des “garanties concrètes” d’impartialité, la journaliste s’est, à nouveau, engagée à “sortir de l’antenne” si Raphaël Glucksmann, son compagnon, se déclarait candidat à la présidentielle — elle s’était retirée de la matinale de France Inter pour les mêmes raisons pour les européennes de 2019 et 2024.
Encore faudra-t-il que l’eurodéputé Place publique parvienne à aller au bout de son rêve de candidature. Car ses concurrents, à gauche, ne rêvent que de faire trébucher celui qui veut incarner la gauche réformiste. La direction du Parti socialiste d’Olivier Faure défend en outre le principe d’une primaire de la gauche (hors LFI) à laquelle le Parisien refuse de se plier, au risque de s’isoler. Même sur son créneau social-démocrate, il voit monter l’envie d’un certain François Hollande. Certes, Glucksmann a déjà travaillé les bases d’un programme, mais il s’est fait très discret cet automne et sa prestation sur LCI en novembre a fait quelques sceptiques, même dans son propre camp.

8) Rodolphe Saadé et Véronique Saadé
Depuis le trentième étage de leur gratte-ciel marseillais, Rodolphe et Véronique Saadé dirigent un empire de la logistique (CMA CGM) et des médias (BFM TV, RMC, La Tribune, La Provence, Brut). Sixième fortune française, le couple navigue toutefois dans des eaux plus agitées que lors des années fastes post-Covid.
Les profits de l’armateur ont plongé ces derniers mois, car “les navires arrivent de Chine remplis et repartent vides”, note un patron connaisseur de leur business. Monsieur a profité du dernier voyage présidentiel à Chengdu pour renverser la vapeur et va dépenser des milliards aux Etats-Unis pour séduire Trump. Côté presse et télé, la filiale médias présidée par Madame a encore du mal à se structurer, et les audiences du navire-amiral BFM TV ne seront pas relancées par Pascal Praud, qui aurait refusé une offre à un million pour monter à bord.
Le pouvoir du clan, qui truste les places au conseil d’administration de “la CMA”, reste cependant intact. Le chef de famille se pique même de participer à la conversation publique. “C’est ensemble que nous pourrons traverser les difficultés et préparer l’avenir”, a-t-il écrit dans son journal en septembre. Une sortie pour le moins consensuelle, avant une montée en température en 2027 ?
9) Alexandre Pesey et Kate Pesey
Dans le petit monde de la droite libérale et conservatrice française, leur nom revient souvent. Car Alexandre et Kate Pesey, respectivement à la tête du très droitier Institut de formation politique (IFP) et de la Bourse Tocqueville — un programme d’échange qui promet à ses participants de les emmener “au cœur du pouvoir politique américain” — sont des précurseurs.
Lancé très tôt sur un créneau aujourd’hui florissant, le couple s’est inspiré du savoir-faire américain en matière de bataille culturelle pour lancer l’IFP, soutenu par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Ils sont tous les deux passés par le Leadership Institute, incubateur de la droite conservatrice américaine qui leur a servi de modèle.
Leur institut reçoit aujourd’hui en ses murs aussi bien les figures de la droite et de l’extrême droite française, d’Eric Zemmour à la présentatrice vedette de CNews Christine Kelly, que le gratin de l’élite trumpiste mondiale, de Kevin Roberts, président de la Heritage Foundation qui a fourni à la droite MAGA sa matrice idéologique, au candidat à la présidentielle brésilienne Flávio Bolsonaro, qui rêve de succéder à son père.

10) Emmanuel Macron et Brigitte Macron
Toujours présent, le couple présidentiel s’enfonce petit à petit dans notre classement. C’est que l’ambiance est à la fin de règne, malgré les efforts du chef de l’Etat pour occuper le terrain, en France comme à l’étranger, jusqu’au bout de son deuxième quinquennat.
Après le fiasco de la dissolution, quatre gouvernements successifs et des débats budgétaires chaotiques, Emmanuel Macron n’est sorti de l’ornière qu’à l’automne, après la double nomination de Sébastien Lecornu comme Premier ministre. Si le premier a pu reprendre un brin de hauteur, tandis que le second impose son image de “moine-soldat” à Matignon, chacun le doit, au moins en partie, à Brigitte Macron, dont Lecornu a su devenir l’ami. Car le chef du gouvernement couvre l’épouse du chef de l’Etat d’attentions, partage avec elles amis, dîners aux chandelles et déjeuners en tête-à-tête.
L’année a aussi été éprouvante pour l’intimité du couple, qui a décidé de répliquer en justice contre l’influenceuse américaine Candace Owens, autrice de rumeurs transphobes sur Brigitte Macron. Cette dernière est par ailleurs visée par une plainte de 343 femmes et d’associations pour injure publique, après avoir qualifié des militantes féministes de “sales connes”. Sans oublier cette vraie-fausse gifle à son mari, en mai dernier, qui a contraint le président à s’expliquer. Peut-être l’épisode a-t-il motivé la publication de cette photo, sur le compte Instagram du président, le jour de la Saint-Valentin.
11) Jérôme Guedj et Emilie Frèche
Lui s’est offert le 5 février un passage remarqué au micro de Benjamin Duhamel sur France Inter, pour annoncer rien de moins que sa candidature à la présidentielle. Elle, autrice engagée, notamment dans la lutte contre l’antisémitisme, compte une dizaine de romans à son actif. Emilie Frêche a ouvert l’année avec Un Séisme (Albin Michel), récit et réflexion autour du procès en première instance de l’assassinat de Samuel Paty, qu’elle a perçu comme un moment de “vérité collective”.
Son “heureux époux”, comme il se définit lui-même, Jérôme Guedj, rencontré en marge d’une cérémonie en hommage à Ilan Halimi, en 2014, est réputé pour son expertise en matière de comptes sociaux. Il a été l’un des députés socialistes les plus à l’œuvre pour trouver un compromis sur le budget avec le gouvernement Lecornu, cet hiver.
Désormais lancé en solo vers 2027 avec l’espoir, au moins, de peser sur la ligne de son parti, il se pose en candidat de la “gauche républicaine” et en opposant numéro 1 à Jean-Luc Mélenchon, son ancien ami, qu’il qualifiait de “salopard antisémite”, en juin 2025, avant de regretter publiquement l’emploi du terme… “salopard”.

12) Laurent Solly et Caroline Roux
Laurent Solly vient de quitter son poste de vice-président de Meta en Europe du Sud pour une start-up d’IA très en vue, AMI Labs, aux côtés du pilier de l’intelligence artificielle Yann Le Cun. Désormais, la France mise gros sur ce duo : l’entreprise sera basée à Paris, pour le plus grand bonheur d’Emmanuel Macron.
Caroline Roux, quant à elle, est un des piliers de l’audiovisuel public. A la fin de la saison dernière, elle a décliné la présentation du 20 heures, pour rester le principal visage de la quotidienne mythique C dans l’air sur France 5 et de L’Evénement, sur France 2. Un rôle sur mesure, qui ne pourra que s’intensifier à l’approche de la présidentielle.
Toujours discret sur leur vie privée et celle de leurs enfants, leur couple n’en est pas moins lié par le goût de la politique : dans un rare entretien, Caroline Roux a indiqué admirer la “connaissance de l’histoire et de la vie politique” de son mari, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.
13) Aurélien Rousseau et Marguerite Cazeneuve
Une histoire d’amour en Place publique ! En vue de l’élection présidentielle, le couple s’est placé dans le sillage de Raphaël Glucksmann. Lui est un des deux députés encartés au parti de l’eurodéputé. Elle vient de démissionner de l’Assurance maladie, dont elle était la numéro 2, pour s’atteler à la rédaction du programme (rejoignant l’agence Bona fidé en même temps).
Ces deux-là se sont rencontrés “dans le boulot”. Leur famille recomposée compte trois enfants, dont le dernier est né en 2020, en pleine crise Covid. Une période dense pour Marguerite Cazeneuve et Aurélien Rousseau : la première était à l’époque conseillère d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe, le second patron de l’agence de santé d’Ile-de-France. “On était très fatigués, mais on y est arrivés”, se remémore-t-elle quelques années plus tard.
L’arrivée d’Aurélien Rousseau au ministère de la Santé, en juillet 2023, alors que Marguerite Cazeneuve est à l’Assurance Maladie depuis 2021, avait valu au couple des accusations de mélange des genres — la situation fut cependant validée par la HATVP.
14) Thomas Piketty et Julia Cagé
Bien placés dans notre dernier classement, après une année 2024 marquée par le retour en force de la gauche et leur participation à la conception du programme du Nouveau Front populaire, les économistes Thomas Piketty et Julia Cagé ont continué à largement participer au débat public cette année, soutenant, notamment, la taxe Zucman, lorsqu’elle fut défendue à l’Assemblée par le PS, ou pointant du doigt le RN qui ne l’a pas votée.
Lui, spécialiste des inégalités, présentait en décembre la nouvelle édition du “Rapport sur les inégalités mondiales”, dont il fut l’un des coordinateurs. Prof à Sciences Po, Julia Cagé a été, au mois de mars, colauréate du prix du meilleur économiste européen, décerné tous les deux ans par l’Association économique européenne et la Fondation Yrjö-Jahnsson, pour ses travaux mettant “en lumière le rôle crucial des médias et des réseaux sociaux dans la formation des croyances et des actions politiques, ainsi que les dangers liés à un contrôle des médias”. Inutile d’écrire qu’on entendra encore parler d’eux d’ici à 2027
15) Benjamin Duhamel et Agathe Lambret
Depuis l’officialisation de leur relation, en 2023, la carrière de ces deux journalistes politiques “figures montantes du PAF” a pris une autre envergure. Concurrents sur des tranches du soir la saison dernière (lui sur BFMTV, elle sur FranceInfo), ils le sont maintenant en matinale.
Depuis la rentrée, Benjamin Duhamel, fils des journalistes politiques Nathalie Saint-Cricq et Patrice Duhamel, n’officie plus sur BFM TV mais à France Inter, où il a remplacé Léa Salamé et mène l’interview de 7h50 puis celle de 8h20 avec Florence Paracuellos. Agathe Lambret, qui a elle aussi fait ses classes sur la chaîne info, est aux manettes de l’interview de 8h30 de FranceInfo aux côtés de Paul Larrouturou et présente le podcast “Dans les yeux d’Agathe”.
16) Yann Rivoallan et Victoire Satto
Patrons, cadres dirigeants, lobbyistes, parfois ministres, comme Serge Papin (Commerce)… Tous ont déjà passé une tête dans leur appartement parisien, qui se veut un épicentre de la mode, de ceux qui s’y intéressent et des débats qui l’agitent. C’est là que Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, et Victoire Satto, fondatrice du média-studio The Good Goods, réseautent, flattent, demandent et convainquent.
Tous deux se sont d’abord rencontrés pour mener, ensemble, une guerre d’enfer contre Shein. Lui, omniprésent dans les médias, multiplie les coups de com et soigne ses mises en scène sur les réseaux sociaux, entre deux rendez-vous ministériels et une action en justice contre le géant chinois, rejointe par une centaine de marques et fédérations.
Elle, en plus de son média, est de tous les événements et de toutes les boucles WhatsApp qui comptent, tutoyant patrons et politiques. L’entrepreneuse lancera surtout, le 25 février, Scored, une application de notation des marques selon leur impact.

17) Maud Bregeon et Pierre Cazeneuve
Leur “Tour de France de l’énergie” les avait réunis en 2023. Depuis, ces deux-là ont fait des étincelles et su se rendre indispensables.
Après avoir été porte-parole du gouvernement Barnier, Maud Bregeon est retournée quelques mois sur les bancs de l’Assemblée nationale, avant d’être renommée au même poste en octobre, mais cette fois dans l’équipe Lecornu. Habile, prudente, cette proche de Gérald Darmanin s’est considérablement rapprochée du Premier ministre, au point de faire partie de son premier cercle.
Au Palais-Bourbon, Pierre Cazeneuve, qui fut chef de cabinet adjoint du président de la République, a pris du galon en devenant vice-président d’Ensemble pour la République. Au sein de ce groupe présidé par Gabriel Attal, il est chargé de la stratégie, notamment lors de l’examen des niches parlementaires, quand EPR doit se prononcer sur les propositions de loi issues d’autres groupes de l’Assemblée. Le couple a eu un petit garçon, né en juillet 2025.

18) Emmanuel Moulin et Laurence Nardon
On trouve un rare cliché officiel d’eux deux, tout sourire et pomponnés, sur le tapis rouge du perron de l’Elysée, le 8 juin 2024, à la veille de la dissolution de l’Assemblée nationale : ce jour-là, Emmanuel Macron recevait le président américain Joe Biden pour un dîner d’Etat et avait convié entre autres invités de prestige celui qui n’était alors “que” directeur de cabinet de Bruno Le Maire au ministère de l’Economie et surtout son épouse, la chercheuse et responsable du programme Amérique à l’Institut français des relations internationales (Ifri), Laurence Nardon.
Depuis, Emmanuel Moulin a succédé à Alexis Kohler comme secrétaire général de l’Elysée, d’où il garde notamment un œil sur les discussions budgétaires. Laurence Nardon, elle, reste bien plus à distance de la vie du Palais que l’épouse du prédécesseur de son mari. Sans doute aussi parce que, depuis la réélection de Donald Trump, l’autrice de Géopolitique de la puissance américaine (PUF), qui a un podcast hebdo baptisé New Deal, a encore plus de raisons d’être invitée partout ou de signer des tribunes.
19) Mathieu Darnaud et Elsa Schalck
Au Sénat, on dit qu’ils ont horreur de la lumière. C’est pourtant bien là que la flamme est née entre l’élu de l’Ardèche et l’élue du Bas-Rhin. A 50 ans, Mathieu Darnaud a pris la succession de Bruno Retailleau à la tête du groupe LR, qui est le plus gros groupe politique du Parlement (130 membres). Ce qui n’aurait pu être qu’un intérim est devenu un poste durable pour ce protégé de Gérard Larcher, qui a gravi un à un les échelons du cursus honorum dans un département très rural.
Sa compagne Elsa Schalk, 39 ans, se fait élire en 2020 au Palais du Luxembourg, où elle décroche le titre de benjamine avant de siéger à la vénérable commission des Lois, tout en s’engageant sur la question des droits des femmes.Au travail, le couple ne s’affiche pas mais n’a rien de secret. Une cagnotte a même été spontanément lancée par leurs collègues du groupe LR, quand leur petit garçon est né, en décembre. La paire a désormais un nouvel objectif pour 2026 : une réélection commune en septembre, lors des sénatoriales.
20) Laurence Marion et Julien Marion
Leur tandem au cœur de l’Etat s’est formé dès l’ENA, entre deux stages. En 2001, à la préfecture de Corse, à Ajaccio, les deux élèves de la promotion René Cassin se croisent, se succèdent et finissent par se rapprocher. Vingt-cinq ans, un mariage et trois enfants plus tard, la Bretonne et le Parisien ont gravi, chacun à leur manière, les marches les plus élevées de la haute administration.
Depuis le début de l’année, Laurence Marion a pris l’un des postes les plus stratégiques de la République. Secrétaire générale du gouvernement (ou SGG pour les connaisseurs), elle exerce un double rôle clé : tour de contrôle de l’action gouvernementale et gardienne de la sécurité juridique des décisions politiques. Discrète mais centrale, elle est l’une des chevilles ouvrières de la mécanique institutionnelle.
De l’autre côté de la Seine, à Beauvau, Julien Marion, préfet et directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, pilote la réponse de l’Etat face aux catastrophes en tous genres. Là où elle sécurise le cadre juridique, lui coordonne l’action opérationnelle.
21) Aurélie Bretonneau et Xavier Domino
A Henri-IV, les années de khâgne forgent des complicités durables. C’est là qu’Aurélie Bretonneau et Xavier Domino se sont rencontrés, avant de poursuivre ensemble leur parcours à l’ENS, puis à Sciences Po et enfin à l’ENA, au sein de la promotion République. A l’issue de cette traversée des grandes écoles, ils rejoignent de concert le Conseil d’Etat.
Après trois années comme numéro deux du secrétaire général du gouvernement, Aurélie Bretonneau a été nommée l’an dernier secrétaire générale du Conseil constitutionnel. A ce poste stratégique, elle orchestre le travail juridique de l’institution, supervise l’instruction des dossiers et veille à la solidité des décisions rendues par la Rue de Montpensier — dont celle, imminente et très attendue, sur le projet de loi de finances 2026.
Xavier Domino, de son côté, a choisi de franchir la frontière entre le Palais-Royal et le barreau. Après un passage à Radio France comme secrétaire général, il exerce depuis près de trois ans au sein du cabinet Jones Day.

