SONDAGE EXCLUSIF. A Paris, Emmanuel Grégoire favori devant Rachida Dati
Avertissement : le sondage dont nous vous dévoilons les résultats est une photo des rapports de forces à un instant T et ne présage pas des possibles évolutions lors des dernières heures de campagne.
PARIS — Après avoir pris l’avantage lors du premier tour, en recueillant 37,98% des voix, Emmanuel Grégoire semble en bonne position pour transformer l’essai dimanche. Le candidat socialiste est crédité de 48% des intentions de vote pour le second tour, en progression de 10 points, dans le sondage Cluster 17* dévoilé en exclusivité par POLITICO ce vendredi.
L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo devancerait ainsi de 7 points sa principale adversaire, Rachida Dati (41%), à la tête d’une liste d’union de la droite et du centre — elle progresserait toutefois d’environ 15 points par rapport au premier tour, où elle a obtenu 25,46% des voix. Presque stable, en troisième position avec 11% des intentions de vote, la candidate Insoumise Sophia Chikirou n’est pas en capacité de jouer les arbitres.
Balle au centre
Grégoire parviendrait donc à creuser l’écart avec Dati, bien que celle-ci ait fusionné sa liste avec une partie de celle du candidat Horizons et Renaissance, Pierre-Yves Bournazel, et qu’elle bénéficie du retrait de Sarah Knafo (Reconquête), qui avait recueilli 10% des voix. Cela s’explique notamment parce qu’une majorité (57%) des électeurs de “PYB” se reporterait sur le candidat de l’union de la gauche plutôt que sur sa rivale (42%).
“A ce stade, le centre gauche et une bonne partie du centre votent plutôt Grégoire, ce qui fait la différence dans une ville comme Paris, qui vote plutôt à gauche”, analyse Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17.
C’est ce que prouve l’analyse des clusters (la méthodologie de l’institut). Chez les “modérés”, l’ancienne ministre de la Culture est largement distancée (21% contre 78% pour Grégoire). Même constat chez les électeurs se disant “socio-démocrates” et “socio-républicains”, où le député de Paris est hégémonique (85% contre 14%).
Dati profite en revanche du report quasi complet (99%) de l’électorat de Knafo, et surperforme dans les clusters traditionnels de la droite et de l’extrême droite, comme les “conservateurs” (95%), “identitaires” et “autoritaires” (97%). Mais ce pourrait être insuffisant pour conquérir la mairie. “Mécaniquement, elle ne peut pas gagner si elle n’a pas le centre avec elle”, souligne Dormagen, qui considère que “l’électorat de Bournazel est l’arbitre de l’élection”.
A l’autre bout de l’échiquier politique, Sophia Chikirou conforte son résultat grâce à un électorat fidèle : près de 89% des Parisiens qui ont voté pour elle au premier tour récidiveraient au second.
(*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en ligne, entre le 17 et le 19 mars 2026, auprès de 1 616 personnes représentatives de la population de Paris âgée de 18 ans et plus, dont 1 437 inscrits sur les listes électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas (genre, âge, catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base du premier tour des municipales 2026. Pour 1 437 personnes, la marge d’erreur est comprise entre 1,6 et 2,6 points.

